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Hypnose, hypnothérapie, hypnose Ericksonienne et thérapie brève, hypnotherapeute à Paris
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Témoignages / Apaiser son mal-être grâce à une régression par-delà de la naissance sous hypnose
Régression dans des vies antérieures sous hypnose

Apaiser son mal-être grâce à une régression « par-delà la naissance » sous hypnose
Cas clinique détaillé

Article de Jean Touati, hypnothérapeute

Février 2014

Compte tenu des règles déontologiques de respect du secret professionnel et de réserve vis-à-vis des patients, les prénoms ainsi que certains éléments biographiques ont été modifiés.

Résumé

Dans ce texte je vous propose la narration détaillée d'une séance de régression « avant la naissance ». La patiente est très réceptive et entre rapidement en transe profonde. Une fois en transe hypnotique, cette dernière se révèlera très loquace, nourrissant de moult détails une narration très littéraire de ce « qu'elle vit » durant la séance. Cette volubilité n'est cependant pas des plus habituelle ; certains patients en transe profonde ont du mal à s'exprimer, voire même, ne peuvent pas du tout parler. Remontant à la naissance, puis à la vie fœtale, elle poursuivra par-delà sa conception pour une rencontre d'un au-delà bienveillant que je vous laisse découvrir.

Afin de bien comprendre ce récit je vous invite à lire l'article : Régression dans des vies antérieures sous hypnose : quelle réalité ? Régression dans des vies antérieures sous hypnose : quelle réalité ?. Ce texte propose une réflexion sur l'influence, dans ces pratiques régressives, de la psychanalyse et en particulier son concept de refoulement, puis traite de la malléabilité de nos souvenirs et de l'intérêt d'une régression dans une vie antérieure.

Extrait du discours de la patiente sous hypnose

« Oui, c’est ça, ce n’est pas la matrice de ma mère qui compte, c’est la matrice de la vie qui est là. Je l’entends, elle est là, j’entends sa voix, j’entends sa pulsation. Au centre de cet immense cœur qui bat je vois un centre de lumière, je vois le tunnel. Je vais dans le tunnel, je veux. Je vais très très vite (elle tremble). Je sens un immense élan d’amour, je vois une lumière intense, il y a des gens qui me regardent, qui me saluent... Mon Dieu ! mais qui sont-ils ? Attendez, ils me parlent : "Bonjour Latika, bonjour." Cet homme est très très grand, il est immense, il fait quatre mètres. "Bonjour Latika, Bonjour.

— Je ne veux pas retourner là-bas. Là-bas il y a une femme qui ne veut pas de moi, s’il te plait, je dois rester ici".

Mon Dieu ! son regard est d’une bonté et d’un amour que je n’ai jamais vu, il me comprend, il sait tout de moi, les autres sont derrière lui et me regardent pareillement. Ils me comprennent tous, ils savent tout ce que je ressens même les choses dont je n’ai pas conscience, ils le savent avant moi. Je n’ai pas besoin de parler, ils savent déjà tout. »

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« J’ai réinventé le passé pour voir la beauté de l’avenir. »

 Louis Aragon, Le fou d’Elsa (1963)

Latika a 43 ans, originaire du nord de l’Inde, elle s'exprime d'une très douce voix. Elle me raconte que sa famille a été emmenée il y a 200 ans par les colons à l’Ile Maurice où elle a, elle-même, vécu jusqu’à l’âge de six ans. Elle vient me voir, me dit-elle, parce qu’elle a lu beaucoup de livres et regardé beaucoup d’émissions sur la spiritualité et reste persuadée que ses difficultés avec sa famille et son « futur ex-mari » sont dues à ce qui a pu se passer dans une vie antérieure.

Elle raconte son histoire : « Avec mes deux frères c’est épouvantable. Ils ont arrêté de m’adresser la parole lorsque j’étais toute petite. Mon père s’est excusé, il m’a sacrifié pour avoir la paix avec ma mère. Ma mère est une maîtresse femme très autoritaire. Mes frères me méprisaient ; je suis la petite sœur un peu bête qui n’a pas la tête sur les épaules. Inconsciemment je me conformais à ce rôle. J’ai quand même élevé ma fille ! Quand je retourne dans la famille, je reprends mon rôle de petite sœur très stupide, ignorante et immature. J’ai un physique et une voix... ; quand je dis que j’ai 43 ans et que j’ai une fille de 19 ans ça étonne toujours. Même quand je suis seule chez moi j’ai l’impression qu’ils sont là à m’approuver ou me désapprouver. Je me sens toujours coupable lorsque je fais quelque chose comme par exemple la démarche de venir vous voir, là. Tout au long de mon trajet, ils étaient là avec moi avec des yeux désapprobateurs.

— On va leur dire de partir pour nous laisser tous les deux, lui dis-je sur un ton léger, pour l'amener avec humour à prendre un certain recul.

— Mon mari était comme un enfant d’une jalousie maladive, il piquait des crises de nerfs, il me frappait. Je suis une ancienne femme battue. Il ne me bat plus parce que j’appelais la police. Je suis devenue femme de ménage. On est méprisé plus bas que terre lorsqu’on dit que l’on est femme de ménage ; surtout par les personnes qui venaient voir mes employeurs. Je me suis mariée et j’ai rapidement eu ma fille. Je suis maintenant auxiliaire de vie pour des personnes âgées et des personnes handicapées.

— Qu’est-ce qui vous amène à penser que vos problèmes proviennent de vies antérieures ?

— Ma mère avait un physique ingrat, elle était forte, c’est elle qui faisait toutes les corvées à la maison. Elle s'est mariée pour échapper à tous ça. Mais mon père était épouvantable avec elle. J'ai consulté un voyant qui m’a dit que ma mère a eu un amant qui l’aimait pour baiser alors qu'elle l’aimait vraiment. Ma mère est tombée enceinte de moi et il l’a quittée. Ma mère m’en a toujours voulu. Il y a une anecdote qui m’est revenue la semaine dernière : quand j’étais petite je n’aimais pas les poupées et je ne comprenais pas pourquoi. Je haïssais les poupées ! Comme la foudre qui tombe du ciel je me suis rappelé pourquoi je n’aimais pas les poupées. Nous étions à l’Ile Maurice, j’aimais très très fort ma poupée. Je cajolais ma poupée, ma mère est passée dans le couloir et m’a lancé méchamment une culotte sur la tête et elle a rigolé et elle se moquait de moi, je n’avais que trois ans, j’avais tellement mal, je me suis sentie tellement honteuse et je n’ai plus jamais était capable de cajoler une poupée. A la maternité, je ne pouvais pas embrasser ma fille. Ma mère était épouvantable avec moi, toujours à me lancer des pics. D’après le voyant, j’étais déjà en conflit dans une vie antérieure avec eux. Depuis que j’ai sept ans mes frères ne me parlent plus. Quand j’étais petite mes frères me tapaient méchamment. Ce voyant m’a dit que mon frère aîné était amoureux de moi, il avait envie de faire l’amour avec moi. Une fois, je l'ai surpris prenant une photo de moi un peu dénudée. Mon frère rougissait lorsque je m’approchais pour lui faire la bise. »

.../...

« Qu'est-ce que vous aimeriez voir changer aujourd'hui dans votre vie ?

— Je voudrais ne plus les sentir à côté de moi à chaque pas que je fais. Je voudrais ne plus être considérée comme la petite sœur bête et immature. J'aimerais vous demander : "Quand vous me voyez, là, comment vous me percevez : comme une femme de mon âge ou une femme enfant ? Soyez franc." »

.../...

Je lui explique ce qu’est l’hypnose et comment l’état hypnotique est utilisé en thérapie. Puis je l'amène à entrer en transe hypnotique en fixant un objet du regard.

« Ça vous embête d’éteindre la lumière ? me demande-t-elle. »

Une fois en transe hypnotique, je l'invite à retrouver un souvenir agréable. Après quelques instants elle pousse des soupirs de plaisir.

« Je suis dans l’eau, au fond le l’océan, j’ai une robe blanche vaporeuse, j’ai des cheveux beaucoup plus clairs, j’entends le bruit intérieur de l'océan, le fond marin, ce bruit sourd. Je vois des coraux de toutes les couleurs, tout à coup je m'allonge sur le sable, je suis attirée par une conque, je peux la toucher, l'intérieur est noir, une bouche avec quelque chose comme une langue.

— Comment elle se sent, Latika ?

— C'est très agréable, il y a la lumière du soleil sur ma gauche.

Je l'amène à ressentir ce moment de bien-être au travers de tous ses sens puis je lui dis de garder, comme un symbole, ce moment agréable dans sa main gauche. J'induis ensuite une lévitation de la main (la main se lève sans que la personne ait le sentiment de la lever consciemment) afin de m'assurer de son entrée en transe hypnotique et amplifier le niveau de transe. Après une histoire métaphorique évoquant la possibilité de changer et la responsabilité de chacun à décider et réaliser ce changement, je lui demande de revivre une situation où elle se ressent comme une petite fille lorsqu'elle est dans sa famille. J'ancre ce ressenti en étreignant son poignet droit. Je l'amène ensuite, à remonter le fil de sa vie et à laisser revenir « sans savoir ni comment, ni pourquoi » certains moments de sa vie dont elle m'indiquera la venue d'un mouvement de doigt de cette main droite.

Rapidement, prenant la voix et surtout les intonations d’une petite fille, Latika raconte :

« Une scène revient, toujours la même : je suis petite, je joue avec mes frères à cachecache, j’ai six ans, ils sont gentils avec moi, ils jouent, je me cache dans le couloir, on rigole.

— Tu es contente ? Tu vois ce qu'il y a autour de toi ?

— Je vois très bien, je vois tout.

— Vous jouez longtemps ?

— On a joué presque toute la journée. »

Je lui propose de garder une photo de ce moment. Elle choisit de faire une photo en noir et blanc en grand puis change d'avis : « Non pas en noir et blanc, en couleur. Il n’y avait pas beaucoup de couleurs. » Je lui dis qu’on peut changer les couleurs, elle se prête au jeu d'un air joyeux : « Vert pale, un beau carrelage, des beaux meubles, un ensemble feutré très beau, très confortable sans être ostentatoire. J’aimais cette élégance, j’aimais cette propreté que je n'ai jamais eue. » Puis, avec un masque de dégoût, elle revient à ce qui était sa réalité : « Ma mère et mes frères étaient sales, ils ne se lavaient qu'une fois par semaine. Ils ne se lavaient pas les mains après avoir été à la selle. Puis elle ajoute : « On peut regarder, oui mais ça, ce n’est pas la réalité. » Je luis dis : « C’est ce qu’elle devrait être. On peut inventer. »

Dans l'article Remodélisation d'Histoire de Vie — RHV — je précise que si je peux être amené à faire des suggestions très générales sur ce que le patient peut changer, c'est toujours, comme nous le voyons ici, le patient qui accepte, refuse ou propose autre chose. Tout en étant sous hypnose, il sait parfaitement qu'il imagine ces autres possibilités et que cela vise à apaiser ou à dissocier l'empreinte émotionnelle d'un souvenir.

Latika poursuit.

« D'accord, la cuisine est très belle, mes frères sont très propres.

— On va mettre tout ce qui est sale sur une photo qui va s’éloigner.

— Oui mais ce n'est pas facile, mes parents me disaient que je finirai dans ma merde, alors je ne peux pas mettre ça sur une petite photo qui s’éloigne. Ce n’est pas normal, pourquoi je suis dans cette famille qui ne me correspond pas !? s'exclame-t-elle. »

Je propose à la grande Latika d’aller voir la petite et de trouver les mots pour l'aider.

« Mais la grande n’est pas tellement plus forte. Ma mère me fait comprendre que je ne suis pas la bienvenue mais je ne sais pas encore pourquoi.

— On va tous les deux aller voir la petite Latika. Que pourrait-on lui dire pour l'aider ? Il y a sûrement des choses sur la vie à lui expliquer.

— Non, mais je suis une grossesse non désirée par ma mère.

— Elle le sait la petite Latika ?

— La petite Latika ne le sait pas encore mais elle le ressent. Tu es une grossesse non désirée par ta mère, tu m’entends ? Tu ouvres de grands yeux étonnés, tu ne comprends pas pourquoi. Tu es jolie, tu es gentille, tu n’as fait de mal à personne. Oh ! Comment pourrais-tu être quelqu’un de non-désiré, et pourtant tu l’es mon enfant (pleure). Oh ! mon Dieu ! je te prends dans mes bras, je te serre contre moi, je voudrais te prendre et t’emmener loin d’ici... »

Je la réconforte de propos apaisants et rassurants... Elle me caresse le genou en caressant, pour elle, la tête de la petite fille. Elle pleure.

« Elle tremble, elle est malheureuse, elle a peur de la vie qui l’attend, poursuit-elle.

— On va rassurer la petite fille, lui dire qu’il y a des choses qu’elle va pouvoir faire ou être. Parfois on arrive dans des familles où les parents ne savent pas dire les mots qu’il faut à un enfant, où ils n’ont pas appris. Elle va peut être regarder autrement sa mère.

— Oui, ma mère a été une adolescente fragile, qui s’est retrouvée avec trois enfants sur les bras, alors qu’elle n’avait que 19 ans. Comme la petite fille d’aujourd’hui, j’ai pitié d’elle, des fois je me sens plus forte qu’elle, j’ai envie de la rassurer et de la prendre dans mes bras, et de lui dire : "Ma pauvre fille, tu n’as pas eu de chance". Sa mère la fait souffrir malgré elle. Elle fait souffrir sa fille. Elle tremble et elle est malheureuse, elle a peur de la vie qui l’attend, il y a tant de souffrance, elle est très petite encore. Son père lui donne de l’amour, elle peut le ressentir, malgré toutes les méchancetés, elle peut se rappeler du regard gentil de son père.

— On va faire grandir ce regard gentil du papa. Comment peut-on rendre plus grand, plus fort ce regard bienveillant ?

.../...

Je lui propose de remonter très loin : « Des fois on peut aller jusqu’à la naissance et des fois encore plus loin. » Je pense, en considérant sa demande, qu’elle peut y mettre un sens et ainsi faire un travail en quelque sorte « réparateur ».

« Je ressens les battements du cœur. Je ressens une grande angoisse de la part de ma mère. La petite fille sait déjà qu’elle n’est pas désirée, elle est malheureuse. Après elle a oublié mais là elle le sait.

— Qu’est-ce qu’on pourrait lui dire à celle qui est dans le ventre et qui commence à ressentir les choses, des fois Latika on trouve les mots soi-même. On pourrait mettre la main sur le ventre...

— Oui, je suis en train de regarder mes mains et je me dis que ce qu’elle ressent ce n’est pas moi parce que moi je suis en train d’accomplir le miracle de la vie. Et c’était ce qu’il fallait. Ma mère est en train de partir vers la séparation, vers la mort et moi je suis en train de regarder le miracle de la vie qui s’opère parce que je vois les doigts translucides qui se séparent. Quoiqu’elle puisse penser, moi je dois faire ma vie.

— Le bébé est plus fort parce qu’il a le message de la vie en lui, lui dis-je très fort.

— Voilà, c’est ça : j’ai le message de la vie en moi ! Elle veut que je meure, elle veut avorter, elle veut me faire partir ! (Elle pleure). Voilà, j’ai ça, j’ai le message de la vie en moi, elle veut que je meure, elle n’a pas osé me faire partir, pourquoi ? elle a manqué de courage. Peut-être qu’elle a senti que ma volonté de vivre était plus forte. Je veux ressentir encore cette présence de la vie. Je vois des cordes, des liens qui sortent de moi comme des membranes qui sortent de mon corps et qui sont reliés à quelque chose, là-bas, comme un immense cœur qui bat, une pulsation.

— Elle est dans la matrice de la vie même si sa mère a une mauvaise pensée.

— Oui, c’est ça, ce n’est pas la matrice de ma mère qui compte c’est la matrice de la vie qui est là. Je l’entends, elle est là, j’entends sa voix, j’entends sa pulsation. Au centre de cet immense cœur qui bat je vois un centre de lumière, je vois le tunnel. Je vais dans le tunnel, je veux. Je vais très très vite (elle tremble). Je sens un immense élan d’amour, je vois une lumière intense, il y a des gens qui me regardent, qui me saluent... Mon Dieu ! mais qui sont-ils ? Attendez, ils me parlent : "Bonjour Latika, bonjour." Cet homme est très très grand, il est immense, il fait quatre mètres.

"Bonjour Latika, Bonjour.

— Je ne veux pas retourner là-bas. Là-bas il y a une femme qui ne veut pas de moi, s’il te plait, je dois rester ici".

Oh ! Mon Dieu ! son regard est d’une bonté et d’un amour que je n’ai jamais vu, il me comprend, il sait tout de moi, les autres sont derrière lui et me regardent pareillement. Ils me comprennent tous, ils savent tout ce que je ressens même les choses dont je n’ai pas conscience, ils le savent avant moi. Je n’ai pas besoin de parler, ils savent déjà tout.

— Ils savent lui transmettre ce dont elle a besoin.

— Ils me transmettent un courage, la force, l’énergie nécessaire pour combattre. Ils me disent : "Latika nous savons que tu as suffisamment de force en toi". Mais moi je veux rester là quand même.

— Oui, mais là-bas on ne peut pas rester, elle doit reprendre le tunnel parce que la vie est plus forte, ils doivent lui dire ça. Ils doivent lui dire : "Tu vas retourner et tu vas faire ta vie, tu verras".

— Avec une promesse de revenir ?

— Eh bien oui, à la fin on revient, elle le sait ça, mais il faut faire toute sa vie.

— Ils me disent que je suis une femme intelligente, que j’ai énormément de qualités, que je suis forte et mature. Ils me disent : "N’écoute pas ce que les autres te diront car nous, nous savons ce que tu vaux et ça c’est quelque chose que tu ne dois pas oublier. N’oublie pas cela lorsque tu retourneras là-bas."

— Latika va se rappeler... »

Elle m'interrompt subitement. J'en suis agréablement surpris.

« Attends, ne dis rien laisse-moi entendre, laisse-moi me pénétrer de leurs mots, laisse-moi entendre ce qu’ils me disent. Ils me caressent les cheveux. »

Elle me caresse le genou mimant la caresse d'une enfant, ouvre grand les yeux, toujours en transe, sans me voir et se lance dans un long « dialogue » avec cet « au-delà » gratifiant : « "Latika regarde comme tes cheveux, sont longs, comme ils sont beaux et soyeux, quelqu’un qui a de si beaux cheveux, qui a un si beau visage rempli de pureté ne peut pas être ce qu’ils disent, voyons. Au fond de tes yeux il y a de la lumière, au fond de tes yeux il y a notre force, nous l’avons mise en toi. On le voit en regardant bien au fond de tes yeux, il y a cette lumière intense, tu vois elle est là. Voilà, elle est là, tu la vois maintenant ?

— Oui, je la vois, je la vois au fond de mes yeux, je vois cette lumière blanche de force et de rayonnement et argentée à la fois, elle est là, elle est en moi.

— Oui, elle est en toi, tu vas retourner là-bas avec la conscience de tout ce que tu as, voilà, tu la gardes en toi comme un diamant éternellement encastré en toi, que tu ne peux pas perdre puisqu’il fait partie intime de toi parce que cette lumière qui est au fond de toi c’est nous, c’est nous qui sommes en toi et toi qui est en nous, nous sommes unis et indivisibles, tu fais partie de nous, tu es notre corps et notre chaire, au-delà de cette séparation de la naissance nous continuons à être en toi toujours nous sommes un même corps. Mais comment as-tu pu oublier Latika que nous ne t’avons jamais quitté puisque nous n’avons jamais été séparés ? C’est comme si on voulait séparer un morceau de pain, mais ce morceau de pain ne peut pas être coupé, voilà c’est ça ce que tu es, tu es un morceau de nous et tous ce que tu es, toi, nous le sommes également. Voilà c’est pour ça que tu ne dois pas avoir peur, tu n’es jamais seule, tu n’as pas à avoir peur mais n’oublie pas une chose : c’est que chaque être humain est comme toi indivisible de nous ; voilà, c’est ce que eux ne savent pas. Mais pour l’instant laisse les de côté, ils sont une autre histoire, ce qui compte c’est ce que toi tu ressens maintenant, ce qui compte c’est que tu dois savoir, voilà, tu dois ressentir. Voilà, toute cette force, toute cette science infuse toute cette maturité qu’on ne t’a jamais reconnue est en toi. Elle était en toi, elle ne t’a jamais quittée. Elle était en toi avant ta naissance alors pourquoi ne serait-elle plus là aujourd’hui ? Elle a toujours été là puisque tu fais partie de cette lumière, voilà maintenant que tu sais toutes ces choses tu vas retourner dans le tunnel." »

Que puis-je ajouter ? Va-t-elle me laisser la parole ? Je reprends notre échange.

« Oui, elle sait tout ça, maintenant.

— Elle avait oublié.

— Elle va se rappeler et reprendre le chemin maintenant, la lumière va lui paraître différente et une nouvelle vie devient possible.

— Mais ce n’est pas du tout le même parcours, je me sens apaisée, c’est différent, je suis bien. La lumière est beaucoup plus brillante, elle est toute constellée de diamant. Oh, oui ! au fond de mes yeux, au fond de mes yeux il y a un savoir immense. Et tu sais, tu sais quoi ? Les personnes que j’ai vues là-bas, même à travers le tunnel, je les vois encore, ça y est, je suis de nouveau dans le ventre de ma mère. Je suis là, dans son ventre. Elle est là, la pauvre femme, la pauvre petite fille, devrais-je dire. Tu n’es qu’une petite fille perdue et apeurée qui a peur, qui a froid, qui a tellement mal, qui voudrait pleurer, elle se sent tellement seule, c’est elle maintenant la petite fille qui a sept ans et qu’il faut réconforter. J’ai envie de penser à moi, j’en ai assez de penser à la pauvre petite fille qu’est ma mère, j’ai besoin de ne penser qu’à moi, j’en ai marre de penser au malheur des autres, je veux penser à me reconstruire moi. Je veux me centrer sur mon malheur et je veux penser à moi. Mais je me sens coupable vis-à-vis de cette pauvre femme, en fait la vérité c’est que je me sens coupable de cette petite fille, de ma mère, de lui avoir fait du mal en naissant.

— Elle n'a pas à se sentir coupable de la vie, Latika a vu que ce sont eux qui donne la vie.

— C'est vrai ce n'est pas cette femme qui décide, ce n'est même pas moi ! La vie est plus forte que tout, c'est pour ça que l'on revient sur la terre et qu'après la mort on retourne vers des lieux magnifiques que l'on appelle le paradis, on revient pour s'améliorer encore. L'enfer n'est que le propre miroir de notre culpabilité, la vie est plus forte que tout. »

.../...

Le patient suivant a un empêchement aussi je prolongerai cette séance qui durera en tout trois heures. En sortant de la transe Latika me dit dans un soupir nostalgique : « J'aurais préféré rester là-bas encore longtemps. » Elle parle encore beaucoup, commente les scènes qu'elle a vues. Je lui dis, pour renforcer sa confiance, qu'elle a un talent particulier, qu'il est rare que les patients voient spontanément autant de choses. Elle me raconte qu'elle s'est fait opérée du nez et qu'elle respire mieux physiquement mais que maintenant elle respire aussi mieux moralement. Elle ajoute : « Je vous ai demandé comment vous me perceviez, je comprends que le plus important est le regard que je porte maintenant sur moi. J'ai l'impression qu'une seule séance aura suffit. J'ai vraiment été loin, j'ai trouvé les réponses qui étaient là au fond de moi mais il me fallait quelqu'un pour me guider. »

 

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Jean Touati

Hypnothérapeute

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