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Pathologie des troubles de la personnalité : paranoïaque, schizoïde, borderline, limite, histrionique, narcissique, évitante, dépendante, obsessionnelle. Hypnothérapie Cabinet Orgadia Jean Touati Hypnothérapeute Paris

Hypnose et troubles de la personnalité
Comprendre et faire évoluer des modes de fonctionnement installés

Article de Jean Touati, hypnothérapeute

Comment définit-on la personnalité ?

Dans le langage courant, le terme de personnalité renvoie à la description d'une personne selon ses pensées, ses sentiments, ses comportements et ses réactions face à une situation. En sciences humaines, Reuchlin (1991) définit la personnalité comme : « La caractéristique relativement stable et générale de la manière d'être d'une personne dans sa façon de réagir aux situations dans lesquelles elle se trouve. » ou encore Cattell (1955) : « Ce qui permet une prédiction de ce que va faire un individu dans une situation donnée. »

La personnalité présente deux caractéristiques : elle est à la fois stable et unique ; elle contribue à la permanence de l'individu et rend chacun à la fois reconnaissable et distinct de tous les autres.

Quand parle-t-on de trouble de la personnalité ?

On estime que 5 à 15% de la population adulte présente un trouble de la personnalité. Nous avons probablement tous un ou quelques traits de personnalité qu’il serait avantageux de modifier. Mais dans le trouble de personnalité — ou personnalité pathologique — certains traits sont vraiment rigides et envahissants. Ils amènent la personne ou son entourage à en souffrir et nuisent véritablement à l'adaptation et au fonctionnement dans diverses situations sociales.

Les troubles de la personnalité se distinguent des symptômes des différentes pathologies psychiatriques par le fait qu’ils apparaissent classiquement à la fin de l’adolescence, qu’ils se caractérisent par des comportements durables et stables dans le temps indépendamment des situations auxquelles se trouvent confrontés les sujets.

L’Organisation Mondiale de la Santé, dans la Classification Internationale des Maladies (CIM-10), propose la définition suivante des troubles de la personnalité : « Modalités de comportement profondément enracinées et durables consistant en des réactions inflexibles à des situations personnelles et sociales de nature très variée. Ils représentent des déviations extrêmes ou significatives des perceptions, des pensées, des sensations et particulièrement des relations avec autrui par rapport à celles d’un individu moyen d’une culture donnée. »

Les troubles de la personnalité ont une particularité : ils génèrent souvent une souffrance importante dans les relations, parfois davantage ressentie par l’entourage que par la personne elle-même, du moins dans un premier temps.

C’est pourquoi les demandes de consultation sont variables selon les profils. Certaines personnes viennent d’elles-mêmes, parce qu’elles ressentent une souffrance intérieure réelle, une instabilité émotionnelle ou relationnelle difficile à vivre. C’est fréquemment le cas, par exemple, dans les fonctionnements de type borderline, où l’intensité des émotions et des liens peut devenir éprouvante.

D’autres consultent plus tardivement, parfois à l’occasion de difficultés relationnelles répétées, de séparations, ou lorsque leur environnement ne parvient plus à s’ajuster à ces fonctionnements.

Ce que permet l’hypnothérapie

L’hypnothérapie permet d’agir sur les réactions automatiques et les expériences intérieures construites au fil du temps. Ces fonctionnements, même lorsqu’ils sont anciens et bien installés, ne sont pas figés et peuvent évoluer progressivement.

Dans tous les cas, le travail thérapeutique ne vise pas à “corriger une personnalité”, mais à permettre une évolution plus souple et plus apaisée dans la manière de vivre ses émotions et ses relations et progressivement de ne plus être guidé par des ajustements anciens.

Ce travail se fait à partir de situations concrètes, en modifiant progressivement la manière dont certaines réactions se déclenchent et se vivent. Il ne s’agit pas d’un changement “volontaire” ou forcé, mais d’une évolution qui devient peu à peu possible dans l’expérience vécue.

Les cas cliniques d'Elsa et Albert ci-après illustrent deux troubles de la personnalités et le travail thérapeutique réalisé.

Mieux comprendre pour ne plus subir

Une partie importante du travail repose sur ce que l’on appelle la psycho-éducation. Il ne s’agit pas simplement de “mettre un nom” sur un fonctionnement, mais de mieux comprendre comment et pourquoi certaines réactions se déclenchent, parfois de manière très rapide et difficile à contrôler. Cette compréhension permet progressivement de ne plus se sentir “pris dedans”, comme emporté par ses émotions ou ses réactions, mais de retrouver une forme de recul et de liberté.

Beaucoup de personnes décrivent le sentiment d’être comme “dépassées” par ce qu’elles vivent intérieurement. Mettre en lumière ces mécanismes permet déjà de ne plus en être totalement la marionnette.

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Troubles de la personnalité : deux vignettes cliniques

Ces modes de fonctionnement peuvent s’exprimer de manière très différente d’une personne à l’autre.

Certains sont visibles et intenses ; d’autres plus discrets, mais tout aussi limitants dans la façon de vivre ses relations et ses choix. On peut parfois s’y reconnaître, même sans avoir jamais posé de mot précis sur ce que l’on vit. Ces fonctionnements peuvent parfois passer inaperçus, tout en générant une souffrance réelle.

Les deux vignettes cliniques suivantes en illustrent certains aspects.

Les prénoms ont été modifiés et ces situations ont été légèrement remaniées afin de préserver l’anonymat, tout en restant fidèles aux problématiques rencontrées.

Quand l’amour s’emballe et le doute déboule

Elisa décrivait des relations qui commençaient souvent très intensément. Une proximité rapide, une impression d’évidence, comme si tout faisait sens immédiatement.

Puis, presque sans transition, quelque chose changeait. Un détail, un silence, une parole… et le doute s’installait. La peur de perdre l’autre devenait envahissante, avec le besoin de comprendre, de vérifier, parfois de se rassurer sans jamais y parvenir complètement.

Elle disait : “Je sais que je réagis trop… mais sur le moment, c’est plus fort que moi.”

Entre le désir d’être proche et la crainte d’être blessée, les relations devenaient éprouvantes, pour elle comme pour l’autre. Avec, après coup, souvent une forme de fatigue, de culpabilité ou d’incompréhension.

Au fil des séances, il est apparu que ces réactions ne relevaient pas d’un “caractère”, mais de quelque chose de plus ancien, de plus sensible, qui continuait à s’activer dans certaines situations.

Le travail n’a pas consisté à chercher à contrôler ces réactions, mais à les comprendre autrement, à en apaiser l’intensité, et à permettre progressivement une autre manière de vivre les liens.

Peu à peu, ce qui était immédiat et envahissant est devenu plus lisible, plus modulable. Avec la possibilité de rester en relation sans être emportée par ce qui se jouait intérieurement.

Quand le regard des autres devient écrasant

A Albert avait longtemps pensé que cela faisait simplement partie de sa façon d’être. Être discret, ne pas déranger, réfléchir avant de parler, éviter les situations où il pourrait se sentir mal à l’aise.

Dans les relations, il était attentif, présent, mais souvent en retrait. Avec cette impression de ne jamais être tout à fait à sa place, ou de risquer, à tout moment, de dire quelque chose de travers.

Alors il préférait s’adapter. Observer, anticiper, éviter les tensions. Et, quand une situation devenait trop inconfortable, prendre de la distance sans vraiment savoir comment revenir.

Il disait : “Je n’ai pas vraiment de problème… mais je passe à côté de beaucoup de choses.”

Ce n’était pas une souffrance bruyante, ni spectaculaire. Plutôt quelque chose de diffus, fait de renoncements discrets, d’occasions évitées, de liens qui restent en surface.

Au fil du travail, il est apparu que cette manière d’être n’était pas simplement une “nature”, mais une façon de se protéger, construite progressivement dans des contextes où s’exposer pouvait être vécu comme risqué.

Le travail n’a pas consisté à le pousser à “s’affirmer”, mais à lui permettre de se sentir progressivement plus en sécurité dans les situations relationnelles.

Peu à peu, ce qui était évité est devenu envisageable. Non pas par effort, mais parce que cela devenait intérieurement possible.

Ces deux situations illustrent des fonctionnements que l’on retrouve dans certains troubles de la personnalité, notamment de type borderline pour Elisa et de type anxieux/évitant pour Albert. Toutefois, ces catégories restent des repères mais, dans la plupart des cas, ces modes de fonctionnement sont souvent plus nuancés, avec des traits qui peuvent se combiner et évoluer au fil du temps.

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Les différents troubles de la personnalité

Le DSM IV (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) distingue 10 troubles de la personnalité. Vous trouverez tout d'abord une définition synthétique et le détail des principaux traits caractérisant chaque trouble de la personnalité.

Face à cette nosographie (catégorisation), il est important de ne pas oublier qu'un être humain ne se met pas si facilement « en boîte » et que de nombreuses personnes peuvent présenter à des degrés divers des traits appartenant à plusieurs troubles distincts de la personnalité. Aussi, les descriptions des différents troubles vous permettent de vous faire une première opinion mais seule une consultation chez un professionnel de la santé vous permettra de poser un diagnostic. Je précise toutefois que cette notion de diagnostic n'est pas un élément déterminant du travail en hypnothérapie ; le diagnostic risque parfois « d'enfermer » une personne dans un trouble et celle-ci pourrait renforcer ces traits en regard de son descriptif.

Personnalité paranoïaque

se caractérise par une méfiance soupçonneuse envers les autres dont les intentions sont interprétées comme systématiquement malveillantes ; méfiance et manque de confiance

Personnalité schizoïde

se caractérise par un détachement des relations sociales et une froideur émotionnelle ; seul sans vrais amis

Personnalité schizotypique

se caractérise par des distorsions du ressenti, des pensées, des perceptions et par des conduites excentriques ; monde imaginaire

Personnalité borderline ou état Iimite

Le terme « borderline » (frontière) désignait à l'origine un trouble situé entre les névroses et les psychoses. On sait aujourd'hui que ce trouble constitue une entité clinique reconnaissable, bien que certaines de ses caractéristiques se retrouvent dans d'autres maladies.

se caractérise par un problème de gestion des émotions, une impulsivité, des problèmes relationnels, une image de soi instable conduisant fréquemment à des conduites autodestructrices ; sur-émotif

Le risque important de suicide — 10% des personnes souffrant du trouble borderline se donnent la mort (Linehan, 1993) -— fait de ce trouble un problème de santé majeur.

Personnalité histrionique

se caractérise par une quête permanente d’attention : remarquez-moi

Le trouble peut s’accompagner d’un égocentrisme, d’une indulgence excessive envers soi-même, d’un désir permanent d’être apprécié, d’une tendance à être facilement blessé et d’un comportement manipulateur persistant visant à satisfaire ses propres besoins, également d'une tendance à s’engager dans des relations intenses et instables conduisant fréquemment à des crises émotionnelles avec des efforts démesurés pour éviter les abandons et des menaces répétées de suicide ou des gestes auto-agressifs.

Personnalité obsessionnelle-compulsive

ou anankastique

se caractérise par une préoccupation, voire des rituels de vérification, pour l’ordre, la perfection et le contrôle ; prisonnier de comportements

Personnalité narcissique

s’aime lui-même

se caractérise par un mode général de fantaisies ou de comportements grandioses, de besoin d'être admiré et de manque d'empathie qui apparaissent au début de l'âge adulte et sont présents dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :

Personnalité anxieuse

ou personnalité évitante (personnalité phobique ou phobie sociale)

se caractérise par une inhibition sociale, par le sentiment de ne pas être à la hauteur et une hypersensibilité au jugement négatif d’autrui ; pas à la hauteur

La question des limites diagnostiques entre l’anxiété normale, la timidité, la personnalité évitante et la phobie sociale est toujours débattue.

Personnalité dépendante

se caractérise par un comportement soumis lié à un besoin excessif d’être pris en charge ; pas réellement autonome

Personnalité antisociale

ou encore personnalité dyssociale, sociopathique ou psychopathique

se caractérise par un mépris et une transgression des droits d’autrui et l’exploitation sans vergogne des autres ; psychopathie

Le trouble de la personnalité antisociale (souvent appelé “personnalité antisociale” ou “dyssociale”) correspond à un mode de fonctionnement marqué par un mépris durable des droits et des sentiments des autres, une absence de remords, une grande impulsivité et une tendance à manipuler ou à exploiter les personnes qui l’entourent. Les personnes concernées peuvent recourir à la tromperie, à l’agressivité ou à la violation de règles sociales ou juridiques, tout en restant peu sensibles aux conséquences de leurs actes.

Sans forcément être violente, une personnalité antisociale peut être très intrusive dans les relations, alternant séduction, manipulation, fuite des responsabilités et réactions agressives dès qu’elle se sent remise en question. Ces comportements longent souvent la frontière entre maltraitance émotionnelle et délit, ce qui explique la difficulté que peuvent rencontrer proches et professionnels dans l’accompagnement.

Personnalité psychopathe (psychopathie)

La “psychopathie” est souvent considérée comme un profil particulièrement sévère au sein du trouble de la personnalité antisociale . Elle se caractérise par un manque quasi total d’empathie, une absence de remords, une grande capacité de séduction froide et manipulatrice, ainsi qu’une difficulté profonde à nouer des liens authentiques et durables.

Concrètement, une personne présentant une personnalité psychopathe peut être charmante et persuasive en apparence, mais utilise les autres pour servir ses propres intérêts, sans véritable sentiment de culpabilité. Les relations sont souvent exploitées, parasitées ou détruites dès qu’elles ne sont plus avantageuses, ce qui peut laisser chez les proches un sentiment de vide, de manipulation et de trahison.

Sur le plan des soins, la psychopathie est un trouble particulièrement difficile à transformer, car la personne ne se sent généralement pas concernée ni en souffrance, et reconnaît rarement la nocivité de ses comportements. L’hypnose peut parfois aider à travailler certains aspects périphériques (agressivité, impulsivité, crises de colère, anxiété liée aux conséquences concrètes), mais elle ne suffit pas à modifier le cœur du trouble lorsque l’individu ne souhaite pas changer. Dans ce cas, le travail principal se fait souvent autour de la protection des proches, de la compréhension des mécanismes de manipulation et de la mise en place de limites très claires.

 

Abréviation

DSM

abréviation de l'anglais : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders — manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux — publié par la Société américaine de psychiatrie (APA). Ouvrage de référence qui classifie et catégorise des critères diagnostiques et des recherches statistiques de troubles mentaux spécifiques.

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Bibliographie

  • DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Paris: Masson, 2000
  • Linehan, M. M. (1993). Diagnosis and treatment of mental disorders. Cognitive-behavioral treatment of borderline personality disorder. Guilford Press.
Jean Touati
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