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Chansons Brassens et autres
Jean Touati Chansons Cover Georges Brassens et autres

Chansons de Georges Brassens (et autres) réinterprétées par Jean Touati

Reprises (covers) chansons de Georges Brassens

A l'ombre du coeur de ma mie

Comme hier

Il n'y a pas d'amour heureux

Ce poème de Louis Aragon a été mis en musique par Georges Brassens. Tout en respectant sa belle mélodie, je revisite l'interprétation de Brassens, donnant à la chanson une atmosphère plus légère. J’ai cependant respecté le poème de Louis Aragon. Brassens avait coupé la dernière strophe ; il trouvait « cette histoire d'amour de la patrie, indépendamment de l'idée, mal exprimée, pompier, excessif. » il avait aussi changé quelques mots. Je trouve toutefois que cette dernière strophe et surtout la coda — cette dernière phrase — que j'interprète parlée, change sensiblement le sens du poème et lui redonne une note optimiste. Yousou Ndour propose aussi une version assez joyeuse que j'aime bien.

La non demande en mariage

La Marine

Georges Brassens met en musique La Marine de Paul Fort sur un air de valse, à trois temps. Ce balancement circulaire lui donne une douceur nostalgique, presque rêveuse, comme un souvenir qui tourne dans la mémoire.

Tout en respectant la mélodie de Brassens j'ai ressenti le besoin d'en modifier la pulsation en la jouant sur un rythme à quatre temps. Le passage en 4/4, soutenu à la guitare jazz manouche, apporte une énergie plus vive, plus joueuse. Là où la valse enveloppe, le quatre temps entraîne. Il fait ressortir la légèreté des amours éphémères que chante le poème, leur fraîcheur, leur spontanéité.

Certains vers, d’une malice tendre —

« On a ri, on s'est baisés
Sur les nœunœils, les nénés
Dans les cheveux, à plein bécots
Pondus comme des œufs tous chauds »

— prennent alors une couleur différente : moins nostalgique, plus vivante. La rythmique appuyée donne au texte un élan presque festif, tandis que les improvisations ouvrent un espace de liberté, comme une brise imprévisible au-dessus de la mer.

Il ne s’agit pas de s’éloigner de Brassens, mais d’éclairer autrement cette célébration des amours passagères : non plus seulement comme un souvenir attendri, mais comme une joie immédiate, vibrante, presque solaire.

Le 22 septembre

Le parapluie

J'ai composé cette interprétation après avoir écouté de la version de Yann Tiersen au piano qui m'a fait redécouvrir toute la beauté de cette poésie et de cette mélodie que j'avais apprises, tout petit, à l'école. Je me demandais alors ce qu'ils pouvaient bien faire ainsi, "40 jours et 40 nuits, sous le parapluie" ? Je l'ai enregistrée avec Nathalie, une de mes patientes, au cours d'une de nos séances où je l'ai surprise en l'invitant à chanter à deux voix une interprétation revisitée du Parapluie de Georges Brassens. Je fus moi-même étonné par ce joli instant musical... Par la suite j'ai ajouté "un peu d'une douce pluie" à la guitare Jazz Manouche.

Le temps ne fait rien à l'affaire

Les lilas

L'orage

Voici, en partage, à ma façon, ce magnifique Orage : un feu d’artifice d’écriture où Georges Brassens nous invite, comme au théâtre, à une saynète d’amour imaginaire, pleine d’humour, de lyrisme, de références mythologiques — aussi météorologiques et historiques — de paraboles… mais surtout de paratonnerres, bien utiles en ces temps pour nous protéger de bien plus que du tonnerre !

(Oups ! j'ai changé un mot par erreur dans le texte, les puristes le verront)

Les oiseaux de passage

Georges Brassens a repris onze strophes de ce magnifique et très long poème de Jean Richepin (1849-1926). Je le réinterprète avec une autre ambiance en ajoutant cinq très belles strophes, non reprises par Brassens, tout en gardant sa mélodie - légèrement modifiée sur les strophes ajoutées -. Mais ce poème, véritable hymne à la liberté où Jean Richepin s'attaque au confort des nantis, à leur vie toute tracée sans fantaisie ni rêve, mérite d'être écouté et lu dans sa version intégrale. Je vous propose cette belle version interprétée et chantée par Remo Gary (avec à mon goût, et j'imagine celui de Brassens, un peu trop de pathos) sur le thème musical de Brassens et également le texte intégral.

Oiseaux de passage

Jean Richepin

C’est une cour carrée et qui n’a rien d’étrange :
Sur les flancs, l’écurie et l’étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.

Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l’eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d’or.

Loin de l’endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d’avoine en poussière s’entasse,
La poule l’éparpille à coups d’ongle et de bec.

Plus haut, entre les deux brancards d’une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d’aise, assoupi,
Hérissé, l’œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu’une couveuse en boule est accroupi.

Des canards hébétés voguent, l’œil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s’arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d’un plongeon les moires de l’étang.

Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d’argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.

Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l’ébène et tantôt de l’émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.

Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?

Ô vie heureuse des bourgeois ! Qu’avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne,
Ça lui suffit : il sait que l’amour n’a qu’un temps.

Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir, il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : « C’est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir. »

Son devoir ! C’est-à-dire elle blâmait les choses
Inutiles, car elle était d’esprit zélé ;
Et, quand des papillons s’attardaient sur des roses,
Elle cassait la fleur et mangeait l’être ailé.

Elle a fait son devoir ! C’est-à-dire que oncque
Elle n’eut de souhait impossible, elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu’on a dans le sommeil,
Pour aller voir la nuit comment le ciel s’allume
Et mourir au matin sur le cœur du soleil.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours, pour ces gens-là cela n’est point hideux.
Ce canard n’a qu’un bec, et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoir deux.

Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
Qu’ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !

N’avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !

Oh ! les gens bienheureux !… Tout à coup, dans l’espace,
Si haut qu’il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d’une voix tremblotante ont gloussé.

Les poules picorant ont relevé la tête.
Le coq, droit sur l’ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l’œil en l’air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.

Qu’est-ce que vous avez, bourgeois ? Soyez donc calmes.
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n’entendront pas.
Et d’ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,
Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.

Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu’importe !
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
À l’haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.

La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
L’averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l’abîme et chevauchent l’orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.

Ils vont, par l’étendue ample, rois de l’espace.
Là-bas ils trouveront de l’amour, du nouveau.
Là-bas un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

Là-bas, c’est le pays de l’étrange et du rêve,
C’est l’horizon perdu par delà les sommets,
C’est le bleu paradis, c’est la lointaine grève
Où votre espoir banal n’abordera jamais.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux,
Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

Jean Richepin, La chanson des gueux, 1881

Pauvre Martin

Il est des chansons qui ne se contentent pas d’être chantées : elles veillent.
Pauvre Martin appartient à celles-là.

Cette chanson me touche profondément. Certains pourraient y voir l’histoire simple d’un paysan accomplissant humblement son labeur. Elle me rappelle ces poèmes de François Villon dont l’ombre traverse l’œuvre de Georges Brassens — lui qui mit en musique la Ballade des dames du temps jadis. Ici aussi, il s’agit bien davantage qu’un portrait : une parabole de toute une humanité, celle de ces femmes et de ces hommes qui, par respect ou par dignité, « ne veulent pas déranger les gens ».

J’ai voulu, à travers cette chanson, rendre hommage à ceux que j’ai connus parmi mes proches. S’ils se résignaient « sans l’air jaloux ni l’air méchant », s’ils acceptaient la rudesse de leur destin sans révolte apparente, ce n’était pas par faiblesse, mais parce qu’ils n’avaient souvent pas d’autre choix. L’injustice devenait fatalité. Parfois même, elle se transmettait comme une valeur, confondue avec la dignité.

Brassens écrit ce texte à 25 ans, dans un camp de travail allemand à Basdorf. Je me suis souvent demandé — sans trouver de réponse certaine — ce qui, à cet âge et dans ce contexte, a pu nourrir une vision aussi profonde de la condition humaine. Pauvre Martin fait écho à d’autres figures de son œuvre : « Bonhomme », « Jeanne », ou encore « Le Petit Cheval » de Paul Fort.

De nombreux artistes l’ont habitée à leur tour — Barbara, Renaud, Hugues Aufray, Maxime Le Forestier, Les Têtes Raides, et tant d’autres — chacun y déposant sa nuance.

Pour ma part, je l’ai abordée comme on entre dans un champ à l’aube. En respectant sa mélodie, mais en laissant le tempo s’étirer, respirer. Que le chant épouse le rythme du labeur. Que le temps s’y fasse audible. Presque un battement régulier, obstiné, comme celui d’un métronome invisible qui mesure, sans jamais juger, la marche lente des jours.

 

Reprises (cover) Chansons Françaises

Ce matin-là Barbara

Ne me quitte pas Jacques Brel

 

Compositions Jean Touati

Belle Poème de Pierre Seghers - Jean Touati + 2 strophes et musique

Jean Touati
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