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Témoignages / Régression dans des vies antérieures sous hypnose : quelle réalité ?
Régression dans des vies antérieures sous hypnose

Régression dans des vies antérieures sous hypnose : quelle réalité ?

Article de Jean Touati, hypnothérapeute

Février 2014

Compte tenu des règles déontologiques de respect du secret professionnel et de réserve vis-à-vis des patients, les prénoms ainsi que certains éléments biographiques ont été modifiés.

Résumé

Que dire d'une régression dans une vie antérieure ? L'hypnose, déjà « sérum de vérité » pour certains, permettrait-elle aussi d'aller à la poursuite des pérégrinations de notre âme dans le temps ? Cette réflexion, préambule à la narration d'une séance de régression sous hypnose, revient sur l'influence, dans ces pratiques régressives, de la psychanalyse et en particulier son concept de refoulement, puis traite de la malléabilité de nos souvenirs et de l'intérêt d'une telle régression ; la démarche de régression que je mets en œuvre, tout en évitant d'influencer le patient par une quelconque croyance, utilise sciemment le pouvoir de notre imagination et la malléabilité de nos souvenirs épisodiques pour apaiser nos maux et nos souffrances.

Dans le cas clinique présenté — cf. lien —, la patiente remonte à la naissance, puis à la vie fœtale et poursuit par-delà sa conception pour une rencontre d'un au-delà bienveillant que je vous laisse découvrir.

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Régulièrement des personnes me demandent si je pratique les régressions dans les vies antérieures. Je leur explique que je fais souvent un accompagnement régressif pour le traitement de certains troubles comme les troubles anxieux. Cette régression conduit généralement, à revoir avec une grande reviviscence, des scènes remontant de la petite enfance à l'adolescence, plus rarement à des scènes de la vie fœtale et parfois plus « avant » encore. Je leur précise que cette démarche ne vise pas à rechercher, dans un évènement du passé, la cause d'un trouble mais à faire, en quelque sorte, un travail de « réparation » sur des évènements ayant laissé une empreinte émotionnelle néfaste.

Souvent ces personnes sont soucieuses de savoir si je crois personnellement à la réalité des vies antérieures. Tout en leur précisant quel peut-être l'intérêt de cette démarche vis-à-vis de leur attente, je leur explique que je suis vigilant, autant que possible, à ce que mes propres croyances n’influencent pas mon approche thérapeutique. Je précisais dans l'article Hypnose éricksonienne : sa singularité que l'hypnose éricksonienne, contrairement à la plupart des approches psychothérapeutiques et en particulier la psychanalyse, ne se réfère pas à une théorie figée et unique des troubles psychopathologiques et de leur étiologie.

Bien que la psychanalyse accorde peu d'intérêt à ce type de régression, les prémices de celle-ci, mettent en exergue certains facteurs agissant probablement dans ces régressions. Rappelons-nous qu'après avoir accordé, dans un premier temps, une réalité objective aux récits d'abus sexuels de ses patients, Freud comprit, dans un second temps, qu'il s'agissait de scénarios fantasmatiques : « Quand je dus reconnaître que ces scènes de séduction n’avaient jamais eu lieu, qu’elles n’étaient que des fantasmes imaginés par mes patients, imposés à eux peut-être par moi-même, je fus pendant quelque temps désemparé » (Freud, 1925 p.26). L'accumulation de cas de parents incestueux et de pervers sexuels dans la société viennoise en cette fin du XIXe siècle devenait, en effet, assez peu crédible. Mais plutôt que de simplement rejeter ces « faux souvenirs », Freud, le premier, réalisa leur importance dans l'économie psychique des patients. Il écrit : « Ces fantaisies possèdent une réalité psychique en opposition à la réalité matérielle et nous apprenons peu à peu à comprendre que dans le monde des névroses, la réalité psychique est la réalité déterminante » (Freud, 1916-1917). Il introduit ainsi cette notion de « réalité psychique » qu'il oppose à la réalité biographique. Cependant, s'il semble envisager qu'il ait pu, « sous la pression de son procédé technique », induire ces scènes d'abus sexuels, il conclut sans détour en disant : « Je ne crois pas encore aujourd'hui avoir imposé, "suggéré" à mes patients ces fantasmes de séduction » — il utilise ce terme pour abus sexuel infantile — (Freud, 1925). On retrouve pourtant dans ses textes des termes relevant davantage de l'extorsion. A l'époque de ses premières expériences thérapeutiques il écrit : « On ne réussit à réveiller la trace psychique de l’évènement sexuel précoce que sous la pression la plus énergique du procédé analyseur et contre une résistance énorme » (Freud, 1896), mais toujours 29 ans plus tard : « Il fallait déployer soi-même des efforts, afin de faire pression sur celui-ci [le patient] et de le contraindre » ou encore : « J'avais donc obtenu l'aveu de ces scènes » (Freud, 1925). Au-delà de ces processus coercitifs, ses écrits témoignent également de mécanismes d'auto-persuasion : « Leur contenu [ces scènes] était incontestablement en rapport avec les symptômes » (Freud, ibid.).

A propos de ces deux réflexions sur la réalité des évènements remémorés et sur l'influence du thérapeute, Stephanatos (2004) nous dit, tout de même et fort heureusement, qu'aujourd'hui : « Un grand nombre de psychanalystes admettent que, dans la pratique analytique actuelle, il est possible d'éviter deux positions extrêmes qui aboutissent à des impasses. D'une part, la recherche systématique dans la cure d'un évènement traumatique réel et "objectivable", d'autre part, la limitation du devenir psychique à une réalité psychique sans autre histoire que celle de ses fantasmes, mettant entre parenthèses l'existence d’un passé, l'influence de l'environnement psychique, mais aussi le rôle primordial pour le sujet du désir et du discours de l'autre maternel. »

Avant de s'interroger sur une hypothétique réalité des vies antérieures, il me semble utile de rappeler ce que nous savons aujourd'hui de nos souvenirs épisodiques1 (autobiographiques). Israël Rosenfield dans sa synthèse des connaissances actuelles sur la mémoire nous rappelle que « les souvenirs ne sont pas immuables mais sont des reconstructions opérées sur le passé et en perpétuel remaniement, qui nous donnent un sentiment de continuité, la sensation d'exister dans le passé, le présent et le futur » (Rosenfield, 1994 p.87). En effet, contrairement à ce que l'on croît communément — y compris, semble-t-il, bon nombre de psychothérapeutes et psychanalystes — la mémoire n’est pas un processus d'enregistrement statique et figé définitivement dans laquelle, comme le disait Freud (1905), on pourrait à l'instar d'un « archéologue » excaver des souvenirs enfouis parmi lesquels certains souvenirs trop douloureux se dissimuleraient à notre conscience ; le refoulement, cette « pierre angulaire » (Freud, 1925) de l'édifice psychanalytique est aujourd'hui totalement remis en question par nos connaissances en neurosciences (Naccache, 2006). Toutefois, Freud (1905), comme bien avant lui Aristote, comprend qu'il n'y a pas de souvenirs (épisodiques) sans affects, c'est-à-dire sans émotions. Or les émotions ressenties lors d'un évènement peuvent laisser des traces mémorielles qui ne sont pas accessibles au rappel conscient. Dès les années 1900 le neurologue suisse Edouard Claparède mettait en évidence l'existence d'une mémoire émotionnelle inconsciente : le médecin avait en charge une patiente atteinte du syndrome de Korsakoff. Ce syndrome se manifeste notamment par l'incapacité à mémoriser des faits nouveaux — amnésie antérograde —. La patiente ne reconnaissait jamais le docteur Claparède qui la voyait pourtant depuis plusieurs années. Lors d'une consultation, le docteur cacha dans sa main une épingle, la piquant ainsi au moment de la saluer. Le lendemain, lorsque le docteur lui tendit à nouveau la main pour la saluer, comme à son habitude, celle-ci retira aussitôt la sienne sans pouvoir expliquer son geste. Nous savons aujourd'hui que deux systèmes de mémoire, l'un sous-tendus par l'amygdale cérébrale l'autre par l'hippocampe, sont impliqués dans le souvenir d'une situation émotionnelle. Le premier, illustré par l'expérience de cette patiente, gère la mémoire implicite, donc inconsciente, de l'émotion. Celle-ci est non verbalisable mais assez stable. Le second gère la mémoire explicite, donc consciente. Elle est, par conséquent, verbalisable mais plus labile. Une situation peut donc déclencher une réaction émotionnelle — comme par exemple une peur phobique — sans que la personne n'en connaisse consciemment la raison. Ceci ne signifie pas pour autant qu'un souvenir ait été refoulé — au sens où l'entend la psychanalyse — mais plus simplement, comme nous venons de le voir, que la personne ne fait pas consciemment le lien avec des émotions ressenties par le passé.

Cependant, les concepts psychanalytiques étant tellement ancrés dans notre société, beaucoup de patients en souffrance s'accrochent à l'idée d'un souvenir refoulé, d'une « scène primitive » (Freud, 1905) qu'il faudrait retrouver afin de se libérer de son trouble. Et cela, sans penser que notre mémoire est malléable et que l'on peut déformer ou refaçonner notre histoire, en se laissant influencer mais aussi en toute bonne foi. Wade et al. (2002) étudièrent comment une photographie peut induire un faux souvenir. Ils présentèrent à des sujets quatre photos de leur enfance. Une de ces photos est un photomontage les montrant enfant au cours d'un vol en montgolfière avec un membre de leur famille ; les personnes n'ont, en réalité, jamais fait de vol en montgolfière. Après avoir pu voir ces photos à trois reprises sur une période de deux semaines, 50% des personnes dirent se rappeler, avec souvent force détails, ce voyage en ballon. Gary et al. (2005) comparèrent cette expérience de faux souvenir induit à partir d'une photo truquée avec une fausse narration du voyage en ballon qu'aurait fait la personne dans son enfance. La lecture de cette fausse histoire a une influence encore plus forte : 80% des personnes dirent se rappeler du voyage en ballon. Ce type d'expérience sur la mémoire est relaté dans ce film : Valse avec Bachir (2008), documentaire d’animation sur la guerre du Liban du réalisateur israélien Ari Folman ; un psychologue explique la fragilité de nos souvenirs à un ancien soldat qui, 24 ans après, essaie de se remémorer son implication dans ces évènements tragiques. La romancière Siri Hustvedt dans son essai sur la psychopathologie : La femme qui tremble (Hustvedt, 2010) — elle écrit cet essai suite à son propre parcours psychothérapeutique et à ses recherches pour se guérir de son trouble : son corps tremble de manière incontrôlable lorsqu'elle évoque son père au cours de ses conférences —, traite également de la malléabilité de notre mémoire en relatant une reconstruction de souvenir assez commune : une jeune fille juive scolarisée dans une école catholique racontait, à l'âge adulte, qu'elle avait refusé, comme le voulait la tradition, de baiser la main du prête lors de la remise du diplôme. Des années plus tard, elle visionna le film de cette scène où, comme toutes les jeunes filles, à son étonnement elle se prête à cette coutume. Cette expérience illustre comment nous pouvons, de bonne foi, transformer nos souvenirs. Si cette révision de son histoire peut aider une personne à mettre en adéquation son passé à ce qu'elle est ou à ce qu'elle pense d'elle-même aujourd'hui, en revanche, sous une influence doctrinaire le caractère malléable de nos souvenirs peut conduire à des situations dramatiques. Au cours des années 1980 se développa aux États-Unis un phénomène baptisé le « syndrome des faux souvenirs ». Des psychothérapeutes, mal inspirés par les théories des premières heures de la psychanalyse, se mettaient en devoir d'aider leurs patientes à s'apaiser de leurs troubles en retrouvant des souvenirs d'incestes subis dans leur prime enfance ; le traumatisme d'un inceste qu'elles auraient refoulé étant, d'après ces thérapeutes, la seule cause possible de leurs difficultés actuelles. Cette « Thérapie de la Mémoire Retrouvée (TMR) » amena plusieurs milliers de femmes à accuser, à tort, d’inceste leurs parents voire même, toujours encouragées par leur thérapeute, à les poursuivre en justice (Loftus, Ketcham, 2001).

Je reviens sur la démarche régressive, Remodélisation d’Histoire de Vie — RHV —, que je mets en œuvre (La remodélisation d'histoire de vie : comprendre la démarche et les bienfaits de la régression dans le passé sous hypnose La remodélisation d'histoire de vie : comprendre la démarche et les bienfaits de la régression en âge sous hypnose). Plutôt que de chercher à simplement révéler une « réalité psychique » et, encore moins, une réalité biographique, tous deux hypothétiquement refoulés, ce travail régressif vise à stimuler une imagination créative et « réparatrice ». Si ce protocole peut s'apparenter au travail de régression sous hypnose pratiquait par Breuer et Freud (1895) à la fin du XIXe siècle, il est en réalité très différent à la fois par la nature de la relation établie avec le patient et la spécificité du travail thérapeutique réalisé sous hypnose. Dans ses principes, il s’agit, une fois le patient en transe hypnotique, de l’amener à revivre une situation récente représentative de son trouble et de ressentir pleinement les affects associés. Puis, en se centrant uniquement sur le ressenti physique et émotionnel de lui suggérer un retour dans le passé en laissant revenir les situations « qui s’imposent » à lui sans aucunement l'influencer. Le ressenti active en quelque sorte « un pont affectif » (Watkins, 1971) vers des évènements du passé. Ce protocole permettrait vraisemblablement de réactiver les liens inconscients entre les évènements vécus et la mémorisation implicite des émotions. Un travail spécifique est réalisé successivement sur chaque évènement « revécu ». C'est à ce moment-là que je peux stimuler l'imagination « réparatrice » du patient sous hypnose et que cela peut, comme dans le cas de Latika, conduire à une narration fantasmagorique bienfaisante.

Extrait du discours de la patiente sous hypnose

« Oui, c’est ça, ce n’est pas la matrice de ma mère qui compte, c’est la matrice de la vie qui est là. Je l’entends, elle est là, j’entends sa voix, j’entends sa pulsation. Au centre de cet immense cœur qui bat je vois un centre de lumière, je vois le tunnel. Je vais dans le tunnel, je veux. Je vais très très vite (elle tremble). Je sens un immense élan d’amour, je vois une lumière intense, il y a des gens qui me regardent, qui me saluent... Mon Dieu ! mais qui sont-ils ? Attendez, ils me parlent : "Bonjour Latika, bonjour." Cet homme est très très grand, il est immense, il fait quatre mètres. "Bonjour Latika, Bonjour.

— Je ne veux pas retourner là-bas. Là-bas il y a une femme qui ne veut pas de moi, s’il te plait, je dois rester ici".

Mon Dieu ! son regard est d’une bonté et d’un amour que je n’ai jamais vu, il me comprend, il sait tout de moi, les autres sont derrière lui et me regardent pareillement. Ils me comprennent tous, ils savent tout ce que je ressens même les choses dont je n’ai pas conscience, ils le savent avant moi. Je n’ai pas besoin de parler, ils savent déjà tout. »

Une narration aussi riche reste cependant très exceptionnelle ; certains patients en transe profonde ont du mal à s'exprimer, voire même, ne peuvent pas du tout parler. Dans d'autres cas, comme je l'expliquais à propos du fonctionnement de notre mémoire, le patient ne ressent que la réactivation d'une émotion sans souvenir explicite. Si j'influence le patient dans ce travail de « réparation » — par exemple, en lui faisant des suggestions très générales sur ce qu'il peut changer dans une scène revécue — c'est sciemment pour le guider dans une démarche bénéfique. Mais c'est toujours le patient qui accepte, refuse ou propose autre chose. J'ajouterai, que j'ai aujourd'hui pratiqué plus d'un millier de séances régressives et jamais un hypothétique traumatisme refoulé n'a refait surface. Tout au plus, des scènes proches des trois ans dont la personne ne serait pas certaine — souvent, intriguée, elle vérifie leur exactitude auprès de ses proches — ou des sensations ressenties, avant l'âge de trois ans, parfois même in utero ; je rappelle qu'il n'y a pas de souvenirs épisodiques avant trois ans à cause du phénomène d'amnésie infantile. Les patients revivent, par contre, fréquemment des scènes remontant à l'adolescence et à l'enfance voire même, dans certains cas comme je le disais, des scènes plus précoces de la petite enfance. Ces évènements sont généralement connus du patient, évidemment d'autant plus qu'il s'agit d'évènements objectivement traumatiques, mais il n'y a, le plus souvent, jamais repensé ou jamais avec une reviviscence et surtout un ressenti émotionnel si intense. Il se montre parfois surpris que ce soit ces souvenirs-là, souvent anodins, vu de l'adulte d'aujourd'hui, qui refont ainsi surface. Contrairement aux évènements à caractère plus objectivement traumatiques, ces évènements que je qualifie de « mini-traumas » sont rarement remémorés consciemment lorsque le patient, dans son besoin de donner un sens à son symptôme au travers d’une recherche de causalité, se penche sur son passé. Lorsqu’ils ont déjà fait un travail thérapeutique en lien avec ces évènements, bien souvent les patients s'étonnent que leurs émotions puissent être encore aussi vives. Je précise, si je parle d'émotion intense, le travail thérapeutique ne vise pas à abréagir, comme le disait Freud, les affects qui seraient restés « coincés » (Freud & Breuer, 1895). Si la réaction émotionnelle est très forte je ne la laisse pas s'accentuer ; ce n’est pas l'effet cathartique qui est recherché car, je pense au contraire, qu'il n'est pas utile et même plutôt néfaste de raviver une seconde fois l'émotion d'évènements douloureux. Il faut ajouter que contrairement au travail psychanalytique au long cours et répétitif, je mets en œuvre ce protocole régressif, dans la plupart des cas, lors d’une seule séance pour ensuite amener le patient à se projeter dans son futur ; la thérapie se déroulant en général sur trois à dix séances. Je pense, en effet, qu'il n'est pas utile de s'éterniser sur le passé. Je considère même qu'une remémoration incessante, au long cours, du passé aurait plutôt un effet pathogène, voire même, comme je le vois parfois chez des patients en analyse, un effet iatrogène (trouble provoquée par le traitement) lorsque l'analyste se réfère à une étiologie déterministe et figée.

Pour conclure, je dirai, tout en respectant les convictions de chacun, que la possibilité d'une régression dans une vie antérieure repose vraisemblablement sur les propres croyances de la personne mais aussi sur ses désirs, ses fantasmes et aussi ses frustrations. Ses croyances ont pu être nourries par son environnement socioculturel, ses lectures, des films, des histoires familiales. Mais n'oublions pas, comme je le soulignais, que les croyances ou les « théories » auxquelles se réfère le thérapeute peuvent avoir une influence notoire ; surtout s'il n'est pas conscient de l'action de ses propres mécanismes d'influence. D’un point de vue thérapeutique, je regarde si cette éventuelle régression peut être, comme dans le cas de Latika — cf. lien —, utile à la personne, si elle y donne un sens qui peut contribuer à son mieux-être. Aussi, s'il faut parler d'une réalité, il y en a une qui est certaine : si cela est bénéfique au patient alors je peux dire que c'est une bonne chose, pour lui, de « revivre ce moment ».

 

Mémoire épisodique : en psychologie cognitive la mémoire épisodique ou mémoire autobiographique désigne le processus par lequel on se souvient des évènements vécus avec leur contexte (date, lieu, état émotionnel). Cette sous-partie de la mémoire long terme s'oppose à la mémoire sémantique qui est la mémoire des faits et des concepts. Cette distinction fut introduite par le psychologue Endel Tulving en 1972. retour au texte Mémoire épisodique

 

Lire la narration de la séance avec Latika Confiance en soi - Apaiser son mal-être grâce à une régression par-delà de la naissance sous hypnose Confiance en soi - Apaiser son mal-être grâce à une régression par-delà de la naissance sous hypnose

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Bibliographie

FREUD, S. BREUER, J. (1895) Etudes sur l’hystérie. Paris : Payot, 1956

FREUD, S. L’hérédité et l’étiologie des névroses. Paris : Revue neurologique, volume 4 (6) p. 161 - 169, 1896

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FREUD, S. (1916-1917) Conférences d’introduction à la psychanalyse, Trad. fr. Fernand Cambon. Paris : Gallimard, 2010

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HUSTVEDT, S. La femme qui tremble. Une histoire de mes nerfs. Paris : Actes sud littérature, 2010

LOFTUS, E., KETCHAM, K. Le syndrome des faux souvenirs. Paris : Exergue, collection Regard critique, 2001

ROSENFIELD, I. L'invention de la mémoire. Paris : Flammarion, 1994

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STEPHANATOS, G. Le trauma et son historisation possible à l’adolescence in K. Nassikas (eds.) Le trauma entre création et destruction. Paris : L’Harmattan, 2004, p.111-126.

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Filmographie

FOLMAN, Ari Valse avec Bachir, 2008

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Jean Touati

Hypnothérapeute

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