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Susceptibilité et suggestibilité hypnotique de l'enfant et l'adolescent

Susceptibilité et suggestibilité hypnotiques de l'enfant et de l'adolescent

Cet article établit une synthèse des connaissances sur la suggestibilité hypnotique des enfants et de son évolution selon l'âge.

Article de Jean Touati, hypnothérapeute

Septembre 2011

Barber (1996) illustre à travers de nombreux exemples que le jeune enfant, entre 3 et 5 ans, n’a besoin d’aucune induction hypnotique pour entrer en hypnose et être absorbé par son imagination ; ses deux mondes, réels et imaginaires, se côtoient naturellement. Melchior (1998) nous dit que le fait de raconter une histoire comporte en soi un processus hypnogène et qu’ainsi la narration d’une histoire métaphorique peut induire son effet aussi bien en état de veille (sans induction formelle) qu’en transe hypnotique. D’un point de vue clinique ont constate qu’entre 6 et 9 ans, l’enfant commence à percevoir qu’il y a quelque chose de différent dans l’hypnose par rapport à l’état d’éveil habituel (Fuks, 2007).

L’étude de London & Cooper (1969) vise à établir des normes de développement pour la susceptibilité hypnotique. Cette étude se base sur la passation auprès de 240 enfants de l’Echelle de Susceptibilité Hypnotique pour les Enfants – CHSS – (London, 1963) adaptée de Standford Hypnotic Scale pour adultes (Weitzenhoffer & Hilgard, 1963). Cette échelle se compose de 22 items testant la réalisation de suggestions idéodynamiques motrices ou cognitives - manifestation motrice, sensorielle ou affective sur la base d’une représentation mentale, le sujet ayant l’impression que cela agit indépendamment de sa volonté - comme la fermeture des yeux, la lévitation, la catalepsie ou l’anesthésie d’un bras, une hallucination visuelle, auditive ou olfactive ou encore la régression en âge. Cette étude confirme le consensus issue de plusieurs études anciennes synthétisées par Weitzenhoffer (1959) concluant que les enfants sont plus réceptifs à l’hypnose que les adultes et qu’il y a une relation curvilinéaire entre l’âge et la susceptibilité avec un accroissement jusqu’à la puberté où elle atteint un maximum puis une décroissance lente jusqu’à la fin de l’adolescence.

Ils trouvent effectivement que les enfants entre 7 et 14 ans ont le score le plus élevé et les enfants entre 5 et 7 ans et ceux de 15 ans ont le score le plus bas et ils confirment également que les enfants sont généralement plus réceptifs que les adultes.

Dans leur travail de recherche, afin d’obtenir plus facilement un large groupe de sujet et d’éviter le biais du volontariat lié à la connotation du terme hypnose, Barber & Calverley (1963) ne parlent pas d’hypnose à leurs sujets mais de « test d’imagination ». Ils testent 724 sujets entre 6 et 22 ans au sein de leur école ou université – pour les enseignants il s’agit également d’un « test d’imagination ». Ils ne procèdent pas non plus à une induction hypnotique formelle. Ils demandent simplement aux sujets de fermer les yeux et procèdent à 8 suggestions idéodynamiques (par ex. faire lever une main sans que la personne ait le sentiment de le faire volontairement). Leur étude confirme les résultats du consensus historique et ceux de London (ibid.). Ils précisent également qu’il n’y a pas de différence entre les sexes. Ils situent plus précisément le maximum de susceptibilité entre 8 et 10 ans et ils notent que les adultes obtiennent le même score mais après une induction hypnotique (induction classique avec fixation du regard et suggestion répétée de relaxation et somnolence) et se demandent si le score des enfants serait plus élevé après une induction hypnotique. Selon eux, les enfants diffèrent des adultes en ce qu’ils ne montrent pas de changement dans leur suggestibilité après une induction formelle de transe hypnotique. Après 14-15 ans les scores des adolescents se stabilisent à ceux de l’adulte.

 

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Bibliographie

BARBER, J. (1996). Hypnosis and suggestion in treatment of pain. A clinical guide. New-York : Nortone Company, 1rst ed.

BARBER, T.X. & CALVERLEY, D.S. (1963). “Hypnotic-like” suggestibility in children and adults. Journal of abnormal and social psychology. Vol. 66, N° 6, 589-597.

MELCHIOR, T. (1998). Créer le réel, hypnose et thérapie. Paris : Éd. du Seuil

LONDON, P. & COOPER, L.M. (1969). Norms of Hypnotic Susceptibility in Children. Developmental Psychology, Vol. 1, No. 2, 113-124.

LONDON, P. (1963). Children's hypnotic susceptibility scale. Palo Alto, Calif.: Consulting Psychologist Press.

FUKS, M. (2007). L’Hypnose et l’enfant. In A. Bioy & D. Michaux (Eds.), Traité d’hypnothérapie : Fondements, méthodes, applications, Paris : Dunod. p. 247-269.

WEITZENHOFFER, A.M. (1959). A bibliography of hypnotism in pediatrics. Amer. J. din. Hypn., 2, 92-95.

WEITZENHOFFER, A.M., & HILGARD, E. R. (1963). Stanford Profile Scales of Hypnotic Susceptibility, Forms I and II. Palo Alto, Calif.: Consulting Psychologist Press.

 

Jean Touati

Hypnothérapeute

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