Hypnose Thérapeutique

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arrêt du tabac, de la cigarette. Arrêter de fumer et hypnose Paris idf Ile-de-France

Arrêt du tabac — protocoles d'arrêt du tabac avec l'hypnose

Article de Jean Touati, hypnothérapeute

Janvier 2012

Si les résultats de la méta-analyse (Chockalingam, 1992) nous montrent que l’hypnose est le traitement le plus efficace pour l'arrêt du tabac avec un score qui reste toutefois modeste de 36% d'arrêt à 12 mois, certaines études montrent des résultats très supérieurs allant jusqu'à 94% d'arrêt du tabac avec un suivi de 18 mois.

Cet article synthétise deux protocoles conduisant à ces très bons résultats et présente les principes de la démarche que je mets en œuvre et qui conduit à 95% d'arrêt avec un suivi à 12 mois.

La méta-analyse (Chockalingam, 1992) portant sur 71806 fumeurs montrent que l’hypnose est le traitement le plus efficace pour l'arrêt du tabac avec un score, qui reste toutefois modeste, de 36% d'arrêt à 12 mois. Ces études utilisant l’hypnose mettent en œuvre des protocoles très disparates ; pour certaines il s’agit de séances d’hypnose très courtes, standardisées, réalisées en groupes, le nombre de séances est variable et nous n’avons pas de précisions sur la qualification du praticien. Il est clair que dans un protocole d'arrêt du tabac de nombreux facteurs vont se conjuguer. Parmi ces facteurs, l’expérience du thérapeute et la qualité de la relation établie avec les patients sont des facteurs déterminants. Aussi parler simplement d’hypnose sans préciser sa nature et le protocole mis en œuvre n’a guère de sens. Lorsque je parle de protocole il est bon de préciser qu'il ne s’agit pas d’appliquer à la lettre ce protocole et un discours proposé à l’identique à tous les patients comme nous pouvons le voir dans certaines recherches sur l'hypnose ; par exemple dans le domaine médical l'étude sur la douleur de Danziger et al. (1998).

Les thématiques de discours et la structure du protocole proposés doivent simplement servir à guider le thérapeute. Tous deux doivent être adaptés à chaque patient. Cette adaptation au patient est inhérente à l’hypnose d'inspiration éricksonienne et s’appuie sur le savoir-faire du thérapeute. J’ajoute qu’une étude sur l’hypnose n’aurait pas de sens si elle ne prenait pas en compte la dimension relationnelle intersubjective et singulière d’un travail en hypnothérapie.

Certaines études montrent des résultats très supérieurs à la moyenne de 36% d'arrêt à 12 mois ; j'ai retenu deux études dont je détaillerai le protocole ci-après : Von Dedenroth (1968) a mis au point un protocole utilisant l’hypnose et ayant permis un arrêt du tabac — avec un suivi à 18 mois — à 94% des 1000 sujets impliqués dans son étude ; Hall et Crasilneck (1970) obtiennent un taux d'arrêt de 64% à 12 mois. Cette étude porte sur 75 fumeurs recommandés par leur médecin traitant pour des raisons de santé (emphysème, etc.). On peut considérer cependant qu'il y a un biais significatif dans cette étude étant donné que les patients ont une maladie déclarée.

Ces études conjuguent des instructions relevant des principes de « communication engageante » (Girandola et Joule, 2008) formalisés en psychologie sociale à des suggestions directes faites aux patients sous hypnose ; il s’agit d’injonction à ne plus fumer et de suggestions recourant à la culpabilisation, l’aversion, l’appel à la peur et aussi visant à limiter les effets de manque.

Le protocole que j'ai développé au cours de ma pratique (Arrêt du tabac et hypnose, arrêter de fumer et hypnothérapie Arrêt du tabac et hypnose), se rapproche de ces démarches sur le plan des actes préparatoires demandés aux fumeurs (« communication engageante ») et du nombre réduit de séances — 3 séances dans mon protocole — mais s'en éloigne radicalement, comme de la plupart des méthodes de communication qui visent à inciter les fumeurs à arrêter la cigarette par des approches se référant à « l’appel à la peur » (Leventhal et Watts, 1967) (Arrêt du tabac : « l'appel à la peur » ou comment réussir à ne pas 
		changer de comportement Arrêt du tabac : « l'appel à la peur » ou « comment réussir à ne pas arrêter de fumer ») via une information rationnelle et / ou émotionnelle sur les risques pour la santé et la maladie ou, comme dans ces deux protocoles hypnotiques, en se référant également à la peur conjuguées à des suggestions directes d’aversion vis-à-vis du tabac. Prenant le contre-pied de ces approches mon discours hypnotique ne recourt pas du tout à l'appel à la peur et, de manière peut-être surprenante, aucun mot lié explicitement à la cigarette, au tabac ou à leurs conséquences sur la santé n'est prononcé. Il conduit pourtant à un taux d'arrêt de 95% à 12 mois (mesuré sur 60 patients en 2010).

Mon discours hypnotique se caractérise par des histoires et des «  métaphores universelles » positives évoquant la liberté, le bien-être et n’ayant aucun lien direct avec le tabac, également des aphorismes philosophiques et poétiques aussi des poèmes ; en particulier aucun mot directement lié au tabac (tabac, cigarette, fumer…) ou aux risques pour la santé ne sont prononcés. La personnalisation se fait notamment au travers des éléments de personnalité, des loisirs, des activités professionnelles, des anecdotes, des éléments de motivation, des craintes,… et ceci en parcourant toutes les modalités sensorielles — visuelles, auditives, gustatives, kinesthésiques — (en insistant sur les modalités préférentielles) et en s’adaptant au langage et au niveau socioculturel des patients.

De même l’induction hypnotique est toujours adaptée aux sujets et les techniques d’induction sont incluses dans les histoires évoquant la liberté. Je fais, en particulier, comme dans toutes les séances, des suggestions sur la liberté du patient face à des termes ou des suggestions qui ne lui conviendraient pas ; par exemple : « Et de tous les mots qui parviennent aux oreilles de « prénom », « prénom » ne gardera que ceux qui lui sont utiles et qui lui conviennent, il pourra aussi les changer car c’est lui qui sait le mieux ce qui est bon pour lui, les autres mots, il les laisse s’envoler comme les feuilles en automne emportées par le souffle du vent… »

Les réflexions sur la dynamique d’arrêt du tabac développées dans le rapport Inserm (2004) viennent confirmer ce que j’ai ressenti intuitivement au contact des patients en développant ce protocole ; Prochaska (1979) décrit la dynamique d’arrêt du fumeur en 5 stades ; les fumeurs qui consultent sont pour l’essentiel au stade 3 – préparation : envisage d’arrêter dans les 30 jours et ont déjà fait au moins une tentative dans les 12 mois. Et pour une petite partie au stade 2 – espérance ou contemplation : déclare vouloir arrêter dans le 6 mois mais n’a pas fait de tentative. Les travaux croisant stades et processus de changement que l’on peut classer en 2 catégories : cognitifs ou comportementaux (Prochaska et al. 1988) amènent à comprendre que pour les fumeurs souhaitant arrêter (stade 2 et 3) le mouvement naturel du changement ne va pas vers plus de conflit cognitif — insister sur les risques pour la santé, culpabiliser —, mais plutôt vers moins de conflit cognitif tout en les incitant à l’action. Nous avons vu que cette population représente les 2/3 des fumeurs.

Etude Von Dedenroth (1968)

94% de succès à 18 mois — 1000 sujets

La démarche s’articule sur 4 séances individuelles.

La première séance est consacrée à un échange sur les habitudes de fumeur du patient. Cet échange vise à la fois à établir la relation avec le patient en identifiant ses sentiments dans son rapport au tabac et ses motivations à arrêter.

Lors de la deuxième séance le patient est informé que le « Jour d’Arrêt » aura lieu 21 jours plus tard. Puis il reçoit une liste d’instructions : changer de marque de cigarette, prendre un jus d’orange au réveil, ne pas du tout fumer ni avant le petit déjeuner, ni une demi-heure après chaque repas, ni une demi-heure avant le coucher et à ces différents moments, il lui est demandé de faire un gargarisme avec un produit rince-bouche et de se laver les dents, également de garder sur soi un petit carnet pour y écrire de temps en temps ses raisons d’arrêter de fumer.

A l’issue de ces prescriptions s’ensuit l’induction d’une transe hypnotique où ses prescriptions sont réitérées.

La 3ème séance a lieu environ une semaine après. Le fumeur reçoit une nouvelle prescription : ne plus boire d’alcool excepté éventuellement lors des repas (briser le lien entre alcool et tabac). Un état de transe est à nouveau induit et toutes les instructions précédentes sont renforcées et complétées par des suggestions d’aversions : « Si la première bouffée de cigarette peut encore procurer du plaisir, la deuxième bouffée le fera moins et la troisième pourrait même irriter le nez, la gorge ou la poitrine. »

La 4ème séance, le « Jour d’Arrêt » commence avec l’induction d’un état de transe au cours de laquelle il est suggéré de remplacer des « mauvaises habitudes » par de « bonnes habitudes » et encore une aversion vis-à-vis du tabac. Von Dedenroth était d’avis que le fait que la personne puisse réduire et arrêter de fumer (avec l’aide de l’hypnose), donne à la personne un grand sentiment d’auto accomplissement.

Hall et Crasilneck (1970)

64% de succès à 12 mois — 75 sujets, fumeurs recommandés par leur médecin traitant pour des raisons de santé (emphysème, etc.)

La démarche s’articulait sur 4 séances comprenant chacune un travail en hypnose. Lors des transes hypnotiques les patients recevaient des suggestions très directes faisant appel à la fois à la peur, à l’aversion et à la suppression des symptômes de sevrage : « Vous n’allez pas avoir de manque excessif pour une habitude qui affecte négativement votre santé… » « Votre esprit peut bloquer la perception d’inconfort, de la même façon que votre doigt a été insensible à la pression de la pointe de la lime à ongle … votre esprit va fonctionner de telle manière que vous n’aurez plus de manque pour une habitude qui a négativement affecté votre vie au travers de chaque bouffée de cigarette que vous avez aspirée dans vos poumons … Vous allez bloquer le manque pour le tabac … une habitude qui engendre un travail beaucoup plus dur que nécessaire pour votre cœur et vos poumons, forçant vos poumons à travailler au-delà de toute nécessité, stressant et mettant à l’épreuve ces organes vitaux … comme une voiture constamment en première vitesse … constamment en train de difficilement monter une pente … stressant et mettant à l’épreuve le moteur … Mais grâce au puissant contrôle de votre esprit inconscient, le manque de cette habitude vicieuse et létale va diminuer constamment et de façon marquée jusqu’à atteindre un niveau zéro permanent … Vous allez tout simplement ne plus sentir le manque de la cigarette… Vous allez vous sentir relaxé et à l’aise, content de renoncer à une habitude qui a un effet si négatif sur votre vie et sur votre bien-être … Vous améliorez votre vie en renonçant aux cigarettes et vous allez continuer à le faire … Vous n’allez plus fumer … Vous n’allez pas avoir faim ou manger avec excès … votre manque va atteindre un niveau zéro permanent ». De plus, les 3 premières séances avaient lieu sur 3 jours consécutifs et la quatrième 1 mois plus tard. Entre la troisième et la quatrième séance qui était prévue un mois plus tard, le patient avait pour instructions d’appeler quotidiennement le centre de thérapie pendant la première semaine, deux fois pendant la deuxième semaine puis une fois par semaine jusqu’à la quatrième séance d’hypnose. Dans certains cas pour lesquels un renforcement était considéré comme très important, il était demandé au patient d’appeler quotidiennement durant tout le mois.

 

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Dans le même temps l'INSERM nous dit que « la dépendance à la nicotine reste difficile à démontrer, qu’il apparaît clairement que la nicotine ne résume pas la dépendance au tabac. » Quant à l'hypnose, une étude internationale, synthèse de 633 études incluant près de 72000 fumeurs et comparant l'efficacité de toutes les méthodes de sevrage tabagique, conclut qu'il s'agit de l'approche la plus efficace.

Confrontant ces contradictions cet article montre que contrairement à l'avis de la HAS, l'arrêt du tabac relève davantage d’une approche communicationnelle que médicale.

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Bibliographie

CHOKALINGAM V., SCHMIDT F. L. (1992). A meta-analysis comparison of the effectiveness of smoking cessation methods. Journal of Applied Psychology. 77(4). 554-561.

DANZIGER, N., FOURNIER, E., BOUHASSIRA, D., MICHAUD, D., DE BROUCKER, T., SANTARCANGELO, E., CARLI, G., CHERTOK, L., WILLER, JC. Different strategie of modulation can be operative during hypnotic analgesi : a neurophysiological study. Elsevier Science B.V., 1998

GIRANDOLA, F., JOULE, R.-V. (2008). La communication engageante. Revue Electronique de Psychologie Sociale, 2, 41-51.

HALL, J.A., CRASILNECK, H.B. (1970). Development of a hypnotic technique for treating chronic cigarette smoking. Int.J.Clin.Exp.Hypn., 18. 283-289.

INSERM (2004). Expertise collective. Tabac : Comprendre la dépendance pour agir. Les Editions Inserm

PROCHASKA, J.O. (1979). Systems of psychotherapy: a transtheoretical analysis. 3rd Edition, Brooks/Cole, Pacific Grove

PROCHASKA, J.O. VELICER, WF., DICLEMENTE, CC., FAVA, J. (1988). Measuring processes of change : applications to the cessation of smoking. J Consult Clin Psychol, 56 : 520-528

VON DEDENROTH, T.E. (1968). The use of hypnosis in 1000 cases of "tobaccomaniacs". American Journal Of Clinical Hypnosis Volume: 10 Issue: 3 p. 194-197.

Jean Touati

Hypnothérapeute

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